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Le cours du laboratoire Ipsen, numéro trois français de la pharmacie, a perdu jusqu'à 4,5 %, hier à Paris, pour clôturer finalement en légère hausse de 0,21 %, à 37,37 euros. Le marché a sanctionné en début de séance le groupe de biotechnologie pour n'avoir pas confirmé ses perspectives pour 2011 et 2012. « Il paraît raisonnable dans le contexte de crise économique et financière, et au vu de la situation des régimes sociaux, notamment aux Etats-Unis, de ne pas donner de prévisions » , a déclaré Jean-Luc Bélingard, le président d'Ipsen. Sur un an, le titre du groupe progresse de 23,80 %.
Les dernières perspectives dataient de juillet 2008. Au moment de l'acquisition de l'américain Tercica, le laboratoire avait annoncé qu'il visait 300 millions de dollars de ventes en Amérique du Nord en 2012. Il s'était également fixé pour but de retrouver ses niveaux de marge opérationnelle de 2007 dès l'an prochain.
En 2009, le chiffre d'affaires du groupe s'est établi à 45,7 millions d'euros outre-Atlantique (62 millions de dollars), contre 11,2 millions un an plus tôt. Une forte hausse liée notamment à la commercialisation de 4 médicaments dans le pays. L'un de ses produits phares, Somatuline, utilisé contre les tumeurs neuroendocriniennes, détient déjà 20 % de part de marché. Et le Dysport, une toxine botulique concurrente du fameux Botox, y bénéficie d'un taux de couverture des assurances supérieur à 85 %. Les Etats-Unis, qui pèsent 40 % du marché mondial, restent une priorité pour Ipsen. « Sur le long terme, nous misons sur une croissance à deux chiffres aux Etats-Unis et sur une amélioration de la rentabilité. Notre structure opérationnelle est aujourd'hui en place », a précisé le président.
La médecine générale en recul
La médecine de spécialités (oncologie, endocrinologie, neurologie et hématologie), qui pèse 60 % du chiffre d'affaires, restera le moteur de la croissance d'Ipsen en 2010, avec une hausse prévue de 10 % des ventes. Le lancement en Europe d'une nouvelle formule de Decapeptyl, qui traite du cancer de la prostate, devrait y aider. En revanche, l'activité de médecine générale devrait reculer de 5 % à 7 %, en particulier à cause de la France, qui représente sur ce secteur près de la moitié de l'activité. En cause, le contrôle des dépenses de santé, qui a conduit à modifier le taux de remboursement de certains médicaments, et l'impact lié au lancement de génériques avec un risque pour le pansement gastrique Smecta.
Au global, la croissance des ventes de médicaments du groupe devrait s'établir entre 3 % et 5 % en 2010, et le résultat opérationnel récurrent ajusté augmenter d'environ 15 %. Le groupe doit publier au premier semestre de nouveaux résultats de phase 3 pour l'antidiabétique Taspoglutide. Ce produit développé par le suisse Roche est un blockbuster potentiel, c'est-à-dire susceptible de générer plus de 1 milliard de dollars de revenus par an.
L'an dernier, les ventes de médicaments ont progressé de 7,1 %, à un peu plus de 1 milliard d'euros, particulièrement tirées par les produits de spécialité (+ 13,9 %). Le bénéfice net part du groupe est ressorti à 157 millions (+ 6,8 %). Fin décembre, le laboratoire disposait de 185,6 millions de trésorerie nette contre 66,2 millions une année plus tôt.
D. CH.
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