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Chris Viehbacher reste très imprégné de la culture de GlaxoSmithKline, son employeur britannique avant qu'il ne prenne les rênes de Sanofi-Aventis. Le nouveau patron du champion français de la pharmacie a en effet annoncé hier une réorganisation du pôle recherche très inspirée des « drug performance units » créées il y a deux ans par Glaxo dans le but de retrouver un esprit d'entreprise propre aux jeunes pousses des biotechnologies. Le groupe a ainsi annoncé la mise en place d'« unités entrepreneuriales », une notion nouvelle dans l'entreprise, dans le double but de favoriser l'émergence de l'innovation et d'accélérer la mise sur le marché de nouveaux produits.
Selon Chris Viehbacher, qui a annoncé dès le 11 février vouloir faire de l'accroissement de l'innovation en R&D le premier pilier de sa stratégie, ce nouveau modèle est centré sur « les véritables besoins des patients, la mise en réseau et l'ouverture vers l'extérieur pour renforcer la créativité et l'innovation » . Des propos repris en écho par Marc Cluzel, le patron de la recherche, qui estime qu'il faut rien moins que « réinventer la R&D en s'ouvrant à des savoirs issus du monde extérieur » . Autant dire une révolution pour Sanofi-Aventis qui n'a longtemps juré que par sa recherche interne. Les partenariats avec des organismes de recherche publics ou privés seront désormais favorisés, tout comme les alliances avec les sociétés de biotechs.
Voilà pour la philosophie. Plus prosaïquement, après le grand ménage du portefeuille de recherche qui a conduit en avril à l'abandon de 14 projets sur 65, ce sont aujourd'hui les structures qui sont allégées. A commencer par la France, où Sanofi-Aventis emploie 6.500 personnes dans la recherche, soit la moitié de ses effectifs mondiaux de R&D. Quatre sites sur quatorze seront fermés, dont trois en région parisienne. Il s'agit des sites de Bagneux (320 personnes), Rueil-Malmaison (une centaine) et de Evry (30 salariés concernés). Les personnels seront transférés sur le site de Chilly-Mazarin, dont les activités tertiaires doivent être rapprochées de celui de Massy. En Haute-Garonne, Labège (150 personnes) sera fermé et les salariés seront transférés à Toulouse. Quant au site de Porcheville, dans les Yvelines (200 personnes), il doit être vendu.
Sanofi-Aventis ne prévoit aucun licenciement mais un plan de départs volontaires qui, selon la direction, pourrait concerner quelque 850 personnes. Un deuxième plan de ce type pourrait toucher 450 personnes dans les « fonctions centrales » (lire encadré), portant à 1.300 le nombre de départs envisagés dans l'Hexagone. La rationalisation de la recherche entraînera également des cessions ou des reconversions en Espagne, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou encore au Japon, où le site de Kawagoe pourrait être rapproché de celui de Tokyo. Sanofi-Aventis n'a pas dévoilé le montant des économies attendues, se bornant à indiquer que la nouvelle organisation devait être en place en 2013. De leur côté, les syndicats dénoncent notamment la forme prise par l'annonce. Estimant qu'il y a délit d'entrave, ils entendent ester en justice.
LAURENCE BOLLACK
450 départs dans les structures centrales
Deuxième pilier.
Au-delà de la recherche, Sanofi-Aventis a également annoncé une modification de ses structures centrales, considérée comme le deuxième pilier de sa stratégie. Cette mesure concerne les fonctions administratives (comptabilité, ressources humaines, communication, etc.) situées en région parisienne. « Ces adaptations correspondent à la plus grande autonomie qui est donnée aux régions pour les prises de décision et au recentrage des fonctions centrales sur des missions à forte valeur ajoutée », justifie le laboratoire. Le plan de départs volontaires vise 450 personnes. Il comprend un dispositif de cessation anticipée d'activité financé par le groupe et des aides à la réalisation d'un nouveau projet professionnel. Sanofi-Aventis n'a pas précisé à quel horizon la réorganisation devait être achevée, mais a engagé le processus d'information et de consultation des représentants du personnel.
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