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L'Humira figure parmi les quinze médicaments les plus vendus dans le monde.
Amende record pour Abbott. Un tribunal fédéral du Texas a condamné le groupe pharmaceutique américain à verser 1,7 milliard de dollars (1,2 milliard d'euros) de dommages et intérêts à Centocor Ortho Biotech, une filiale de son compatriote Johnson & Johnson, pour violation de brevet. Il est reproché au laboratoire d'avoir utilisé sans autorisation une licence pour un traitement de l'arthrite, développée par l'université de New York et accordée exclusivement à J&J.
La somme en question, l'une des plus importantes jamais accordées dans un procès pour violation de brevet, est en rapport avec les ventes de ce traitement. Elle concerne en effet l'Humira, qui figure parmi les quinze médicaments les plus vendus dans le monde. Il s'agit du premier médicament d'Abbott, avec 4,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires l'an dernier, soit près de 15 % des ventes du laboratoire de l'Illinois. C'est également un produit qui porte la croissance du groupe : après une hausse de 48 % l'an dernier, Abbott espère une progression comprise entre 15 % et 20 % cette année.
Selon Centocor, Humira viole un brevet utilisé dans son propre médicament prescrit dans des indications similaires, le Remicade, dont les ventes se sont élevées à 3,7 milliards de dollars en 2008. En fait, J&J ne demande pas un arrêt des ventes du médicament, mais réclame sa part du chiffre d'affaires. De son côté, Abbott estime qu'il n'a pas utilisé la technologie en question et plaide que les deux médicaments sont totalement différents. Car selon le laboratoire, le brevet en question ne couvre pas les anticorps humains utilisés pour élaborer l'Humira. A l'inverse, J&J juge que la licence concerne ce type d'anticorps, tout comme l'association d'anticorps humains et d'anticorps de souris, sur laquelle est fondé le Remicade.
Abbott a annoncé son intention de faire appel de la décision de justice. Mais le contentieux entre les deux groupes ne s'arrête pas là. Abbott a intenté un procès à J&J et réclame des royalties sur le Simponi, un autre produit à base d'anticorps humains que Centocor a commencé à vendre cette année. L'affaire est en attente de règlement devant un tribunal fédéral de Boston.
LAURENCE BOLLACK
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