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Comme s'il était à l'écart de toutes les turbulences économiques actuelles, l'américain Monsanto a annoncé hier des résultats record pour son exercice fiscal 2007-2008 clôturé le 31 août. Le groupe agrochimique, leader des organismes génétiquement modifiés, a réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 36 %, à 11,4 milliards de dollars (8,3 milliards d'euros), sur l'ensemble de l'année, et engrangé un bénéfice net de 2 milliards de dollars. Soit le double de l'année précédente.
Bête noire des écologistes
Monsanto a ainsi dépassé toutes les prévisions, y compris les siennes, et démenti les Cassandre de Wall Street, où l'action du groupe a dévissé de 50 % depuis juin. Les investisseurs s'étaient détournés du titre par crainte de l'impact de la chute des prix des céréales et de la crise du crédit sur le comportement des fermiers américains. Envers et contre la sinistrose ambiante, Monsanto s'offre le luxe aujourd'hui de réviser à la hausse les perspectives du groupe à l'horizon de 2012. L'industriel de Saint Louis (Missouri) table désormais sur un résultat brut opérationnel se situant entre 9,5 et 9,75 milliards de dollars, contre une fourchette initiale de 8 à 8,5 milliards de dollars. Un objectif à comparer aux 6,2 milliards de dollars de résultat brut opérationnel engrangés en 2008.
Bête noire des écologistes, Monsanto récolte ainsi les fruits de la hausse des prix qu'il a appliquée aux semences génétiquement modifiées, ainsi qu'à son herbicide Roundup, dont le succès ne s'est jamais démenti depuis son lancement en 1975 ! A vrai dire, les progrès du Roundup sont directement corrélés à l'essor des ventes de semences génétiquement modifiées, car il est utilisé sur ces cultures. Autre facteur favorable, la baisse des prix du phosphate, qui entre dans la composition du Roundup et qui va encore contribuer à renforcer les profits réalisés avec cet herbicide.
Hugh Grant, le PDG de Monsanto, est convaincu que la marge brute sur le Roundup sera supérieure de 200 millions de dollars au niveau initialement prévu pour 2008-2009. En 2012, il aura encore gagné 100 millions d'euros par rapport à cette prévision. Ni la réduction des surfaces ensemencées en maïs ni la chute des prix des matières premières agricoles et ses conséquences sur le pouvoir d'achat des agriculteurs américains n'ont eu d'impact majeur sur l'énorme mécanique Monsanto. Pour les analystes new-yorkais de la banque d'affaires Goldman Sachs, une des explications tient au fait que « les semences sont le dernier maillon de la chaîne sur lequel la baisse du maïs est susceptible de se répercuter ».
M.-J. C.
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