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Les entreprises de biotechnologies françaises à avoir déjà lancé un produit sur le marché ne sont pas légion. Après BioAlliance Pharma, la société Novagali, qui développe des produits innovants pour les ophtalmologistes, n'est que la deuxième. Son produit phare, Cationorm, est une émulsion cationique dédiée au traitement des symptômes de la sécheresse oculaire. Délivré depuis peu dans les pharmacies françaises, sans prescription médicale, le produit devrait être remboursé à partir de l'an prochain. Conçu comme une alternative aux larmes artificielles, il apporte une innovation significative par rapport aux produits existants.
Pas d'introduction en Bourse
Mise au point à partir de sa plate-forme technologique Novasorb, qui augmente l'absorption des principes actifs et donc l'efficacité clinique, cette émulsion hydrate et lubrifie l'oeil en se répartissant de façon optimale sur toute sa surface. C'est plus confortable pour le patient qui se trouve soulagé sur une période prolongée. Selon les données disponibles, le syndrome de l'oeil sec représente un marché estimé à 800 millions d'euros dans le monde, dont 200 millions d'euros en Europe et 40 millions d'euros en France.
Reste que pour commercialiser ce premier produit par ses propres moyens tout en poursuivant le développement de ses autres candidats médicaments, Novagali a besoin de cash. Car, vu l'état de santé des marchés financiers, aggravé par la crise actuelle, l'entreprise a dû suspendre son projet d'introduction en Bourse sine die. « Nous avons donc décidé de relancer une nouvelle opération de financement privé », explique Jérôme Martinez, président du directoire de Novagali Pharma. De fait, sa dernière levée de fonds de 26 millions d'euros, bouclée il y a deux ans, devait être l'ultime recours au capital-risque.
Une chance par les temps qui courent, les actionnaires historiques de la société viennent de lui réitérer leur confiance, injectant 15 millions d'euros supplémentaires. Une enveloppe qui porte la levée de fonds totale de l'entreprise, depuis sa création en 2000, à 59 millions d'euros souscrits par AGF Private Equity, CDC Entreprises, Auriga Partners, Crédit Agricole Private Equity, 123 Multinova, Edmond de Rothschild Investment Partners, le Fonds de co-investissement pour les jeunes entreprises (FCJE) et Siparex Ventures, ainsi que par l'expert industriel Bernard Chauvin, ancien président des laboratoires Chauvin.
Cap sur l'Europe
Mais ce soutien financier n'est pas à la hauteur des espérances boursières de Novagali, qui tablait tout de même sur 50 millions d'euros. Dans ce contexte, « nous avons freiné notre vitesse de développement et nous nous sommes focalisés sur trois indications, avec la sécheresse oculaire, le glaucome et l'arrière de l'oeil », précise Jérôme Martinez.
Sur le plan commercial, la société, implantée sur le Génopole d'Evry (Essonne), met maintenant le cap sur l'Europe, où elle ne compte pas sous-traiter la vente de Cationorm à un réseau de visiteurs médicaux, comme en France. « Nous sommes en discussion avec plusieurs distributeurs potentiels. Mais nous n'avons pas encore arrêté notre stratégie, car les pays européens ont des pratiques assez différenciées en matière de prescription de produits ophtalmologiques », souligne-t-il. En parallèle, Novagali jette aussi un oeil vigilant sur les Etats-Unis et l'Asie.
CHANTAL HOUZELLE
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