|
L'américain Pfizer a décidé d'abandonner une partie de ses recherches sur l'obésité et les maladies cardiovasculaires, pour concentrer ses efforts sur l'oncologie, la douleur, le diabète et la maladie d'Alzheimer, des secteurs qu'il juge plus porteurs. Moins concurrencés, ces traitements sont vendus plus chers. Le numéro un mondial devrait mettre un terme aux essais cliniques menés sur au moins onze molécules, dont six portant sur l'obésité et les problèmes cardiovasculaires, soit 10 % de son portefeuille de médicaments en développement, selon un document rendu public hier par le groupe. La décision est d'autant plus frappante que le groupe est l'un des champions dans le domaine cardiovasculaire, avec son anticholestérol Lipitor.
Pfizer, qui a supprimé plus de 10.000 emplois depuis janvier 2007, espère avoir réalisé 1,5 à 2 milliards de dollars d'économies dès la fin de cette année. La nouvelle politique de recherche n'affectera pas la totalité des médicaments en développement. Les molécules ayant atteint la phase finale des essais cliniques, dite phase 3, ne seront pas touchées par ce changement de cap. Ainsi, l'anticholestérol Apixaban est conservé. La Bourse de New York a salué la décision et le titre a ouvert la séance à la hausse.
Jeffrey Kindler, le PDG, avait prévenu début mars que Pfizer allait consacrer un budget de recherche de 8 milliards de dollars aux traitements du cancer, de la douleur, d'Alzheimer et du diabète. Le laboratoire a récemment renoncé après cinq années de bataille juridique à défendre, sur la plupart des grands marchés, à son médicament vedette, le Lipitor, contre les ardeurs de l'indien Ranbaxy. Celui-ci souhaite copier le Lipitor, à compter de 2011, date à laquelle le médicament perdra la protection de son brevet.
Pfizer a lancé la restructuration de sa recherche il y a maintenant près de deux ans après avoir stoppé les essais sur le Torcetrapib, un anticholestérol dont il attendait des ventes s'élevant à 13 milliards de dollars par an.
Parallèlement aux efforts de rationalisation, Jeffrey Kindler souhaite réaliser de nouvelles acquisitions afin d'étoffer le portefeuille de médicaments en développement. Certains analystes pensent que Pfizer pourrait acheter l'américain ImClone, dont l'anticancéreux Erbitux l'intéresse tout particu- lièrement. ImClone a dit avoir reçu une offre à 70 dollars de la part d'un grand laboratoire qu'il a refusé d'identifier.
MARIE-JOSÉE COUGARD
Tous droits réservés (2008) LES ECHOS
|