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La deuxième salve devrait être la bonne. Sanofi-Aventis a annoncé hier son intention d'augmenter de 10 % le prix de son OPA sur Zentiva. A 1.150 couronnes tchèques par action, la nouvelle offre valorise désormais le laboratoire tchèque à un peu plus de 1,8 milliard d'euros, et 2,3 milliards avec les dettes. C'est désormais une prime de 26 % que propose Sanofi par rapport aux 950 couronnes par action mises sur la table le 30 avril par le groupe financier PPF, détenu par le milliardaire tchèque Petr Kellner.
En remontant ainsi son prix, Sanofi-Aventis semble pratiquement assuré de remporter la mise. Le conseil d'administration de Zentiva a en effet approuvé « à l'unanimité » le nouveau projet d'offre, alors qu'il avait repoussé le précédent. Jiri Michal, le directeur général, qui continuera à exercer sa fonction de patron opérationnel, et d'autres membres de la direction se sont engagés à apporter leurs actions, soit 5,7 % du capital. Une contre-offre apparaît peu probable. PPF, qui avait ouvert les hostilités en mai, a déclaré hier qu'il n'entendait pas « participer à une bataille d'offres » avec le français. L'action Zentiva a d'ailleurs bondi hier de 5,99 %, à 1.150 couronnes tchèques, pour s'aligner sur le cours du nouveau projet d'OPA.
Comme le groupe français détient déjà un quart des titres du laboratoire, il lui en coûtera a priori au maximum environ 1,4 milliard, et 1,9 milliard en incluant les 500 millions d'euros de dette nette de Zentiva. L'acheteur n'a pas caché son intention de retirer la valeur des marchés de Prague et de Londres. La Bourse de Paris n'a cependant pas été convaincue hier par l'opération, Sanofi affichant une baisse de 3,99 %, à 45,66 euros. A environ 15 fois l'excédent brut d'exploitation de Zentiva, le prix payé apparaît cependant en ligne avec les transactions dans le secteur.
Pour Sanofi-Aventis, après l'annonce récente de l'éviction de Gérard le Fur de son poste de directeur général, il s'agit là désormais de rebondir. Zentiva devrait devenir « une plate-forme de croissance pour Sanofi-Aventis sur les marchés d'Europe centrale et de l'Est », centrée sur la fourniture de médicaments « à prix adaptés ».
« Nous devons marcher sur nos deux pieds. C'est inévitable », explique Hanspeter Spek, le vice-président exécutif pour les opérations pharmaceutiques. Un premier pôle doit favoriser « la valeur, les brevets, l'innovation, la recherche, et la moindre sensibilité au prix ». Un deuxième pôle, qui dépasse les 10 milliards d'euros sur un chiffre d'affaires total de 28 milliards, doit valoriser « le volume », ajoute le vice-président, en jouant sur un prix de revient bas, les génériques, les produits matures, l'automédication...
Zentiva constituera un élément important de ce deuxième pôle. Son chiffre d'affaires a atteint l'an dernier près de 700 millions d'euros, avec un portefeuille de plus de 180 médicaments génériques, des copies de produits originaux. Avec plus de 6.000 salariés, la société dispose aujourd'hui de sites de production en République tchèque, Slovaquie, Roumanie, Turquie. Le groupe a aussi des positions commerciales croissantes en Pologne, Russie, Bulgarie, Hongrie, Ukraine et dans les Etats Baltes.
Zentiva, un laboratoire en croissance
Basé à Prague, Zentiva a connu un essor rapide ces dernières années. Après une crise de croissance en 2007, le groupe est reparti sur de meilleurs rails depuis le début de l'année.Ses ventes du premier semestre ont progressé de 32 %, en raison notamment de l'intégration de l'importante filiale turque Eczacibasi Zentiva.Le résultat d'exploitation a augmenté dans le même temps de 40 %.Le résultat net, lui, est resté stable en raison du coût de l'opération turque et d'éléments exceptionnels. Il représente encore 9 % du chiffre d'affaires.
THOMAS LE MASSON
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