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Le gouvernement souhaite brider des dépenses en progression rapide.
Une petite phrase prononcée par Nicolas Sarkozy la semaine dernière suscite l'inquiétude chez les 45.000 masseurs-kinésithérapeutes libéraux : « Je souhaite que l'assurance-maladie puisse proposer à la validation de la Haute Autorité de santé des référentiels de bonne pratique dans les secteurs où nous constatons de profondes divergences dans le recours aux soins, par exemple en kinésithérapie » , a déclaré le président de la République lors de son discours sur la politique de santé.
Le chef de l'Etat validait ainsi un article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009 qui prévoit « un accord préalable du service du contrôle médical » (de l'assurance-maladie) au-delà d'un seuil défini pour les « actes en série » . Concrètement, un patient qui s'est fait poser une prothèse du genou pourra se faire rembourser un nombre déterminé de séances de kiné. Au-delà, il lui faudra obtenir « un accord préalable du service du contrôle médical pour poursuivre la prise en charge ». « Nous sommes inquiets, explique Alain Bergeau, le président de la FFMKR, premier syndicat de kinésithérapeutes. Nous ne sommes pas opposés à la mise en place de référentiels de bonne pratique, mais à condition qu'ils soient médicalisés. Nous redoutons toute maîtrise comptable, car les situations des patients peuvent être très différentes pour une pathologie donnée, en fonction de leur âge, de leur poids ou des éventuelles pathologies associées. » Pour Tristan Maréchal, du syndicat SNMKR, « les référentiels ne sont pas forcément une mauvaise idée s'ils sont définis en concertation avec les professionnels qui sont sur le terrain. Mais attention de ne pas déboucher sur la notion de forfait de soins qu'un patient ne pourrait pas dépasser. »
Surprenantes disparités
Les dépenses de kinésithérapie sont sur la sellette car elles progressent plus rapidement que la moyenne des dépenses de santé : +6,5 % en 2006, +7,5 % en 2007, à 2,3 milliards d'euros. Notamment en raison de revalorisations des tarifs. En juin, l'assurance-maladie avait dénoncé de grandes divergences des pratiques selon les régions : « La rééducation à la suite d'une prothèse de hanche peut varier, suivant les départements, d'un traitement moyen d'une dizaine de séances de masso-kinésithérapie à un traitement de plus de trente séances. » Le gouvernement entend mettre fin à ces surprenantes disparités.
VINCENT COLLEN
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