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L'échographe portable de GE Healthcare pèse moins de 5 kilos, soit 30 fois moins que les systèmes installés dans les hôpitaux.
En août dernier, lorsqu'un judoka français s'est blessé au coude pendant un combat à Pékin, l'appareil a guidé les gestes du médecin contraint d'effectuer une ponction sur le bras de l'athlète. De même, lorsque des douleurs abdominales ont réveillé une nageuse en pleine nuit, la machine a vérifié qu'il n'y avait rien de grave, évitant à la sportive un voyage à l'hôpital. Baptisé « Logiq e », cet échographe portable généraliste sort des laboratoires de GE Healthcare. De la taille d'un ordinateur, il pèse moins de 5 kilogrammes, soit 30 fois moins que les échographes installés dans les hôpitaux. Mais, selon les professionnels, il est capable des mêmes performances : « Il permet de réaliser toutes nos échographies de débrouillage sur le terrain », témoigne le docteur Alain Frey, médecin des équipes de France de judo.
Elaboré dans la ville chinoise de Wuxi par des salariés du géant américain, cet appareil nomade a emprunté sa technologie à un échographe cardiovasculaire baptisé « Vivid-i », dont le premier modèle remonte à fin 2004. Sa version la plus récente, le Vivid-Q, lancée début septembre, n'est pas avare d'innovations : la machine peut accueillir quelque 14 sondes pour des examens divers. Par ailleurs, l'appareil peut se doter de sondes « matricielles », qui permettent, grâce à leurs moteurs miniatures, un diagnostic plus fiable, en affichant des images qui, bien qu'en deux dimensions, allient uniformité et précision. Une prouesse pour un échographe portable. Comme le Vivid-i, l'appareil peut stocker des données, transférer des images sur une clef USB, se connecter en Wi-Fi et imprimer à distance. Un système innovant vendu 100.000 euros.
Mais plus innovante encore est la façon dont cette « famille » d'appareils a vu le jour chez GE Healthcare. La démarche a d'ailleurs été primée, fin août, par les Trophées du management de l'innovation du cabinet BearingPoint à Paris. Pendant trois ans, une vingtaine de salariés ont travaillé simultanément à la conception du Vivid-i sur trois continents. La technologie a été mise au point par les ingénieurs du site israélien de Haïfa. Aux côtés de ces scientifiques, une équipe de marketing était à pied d'oeuvre dans le bourg américain de Wauwatosa, quartier général de l'activité « ultrasons » de GE Healthcare.
Design français
Le design, quant à lui, a été pensé à Buc, près de Versailles. « Chacun possédait une partie de la vérité », raconte François Lenfant, responsable du design pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique.
L'histoire démarre en Israël en 2001. « Nous nous sommes pris à rêver de condenser, dans un petit ordinateur, des monstres de haute performance et de 200 kilos qu'étaient les échographes hospitaliers », se souvient Ilan Lifshitz, responsable des programmes d'ingénierie à Haïfa. D'autres progrès techniques ont profité au projet . « Le monde des ultrasons bénéficie des avancées de toutes sortes de technologies : l'informatique, le numérique, la mécanique, les écrans LCD... », poursuit Ilan Lifshitz. =
Impliquée dès les premières heures, une équipe d'ergonomes et de designers a imaginé « tous les détails qui entrent en jeu, y compris la hiérarchisation des informations sur l'écran pour limiter les erreurs des utilisateurs », poursuit François Lenfant.
Les salariés français sont, entre autres, à l'origine de la coque en magnésium, rigide, solide et légère de l'échographe nomade, mais aussi des commandes surbaissées pour éviter le stress du poignet des utilisateurs, ou encore du système de ventilation de l'appareil, qui réduit les nuisances sonores du moteur. De son côté, le marketing n'a pas chômé : « Nous avons dû changer les perceptions, et convaincre, sans relâche, de nombreux sceptiques que la miniaturisation à l'extrême du système d'imagerie ne nuirait pas à ses performances », se souvient Al Lojewski, global marketing manager chez GE Healthcare.
Téléphones, visioconférences, logiciels... « Les outils en 3D ont permis de tout construire, assure François Lenfant. Nous étions en négociation permanente au quotidien avec les autres équipes, comme si nous n'étions qu'à une cloison de distance. » S'y sont ajoutées plusieurs réunions de visu, notamment en Israël. « Les plus grosses difficultés sont d'ordre culturel. Il faut se connaître et dialoguer sans cesse, de part et d'autre des frontières, car nous ne mettons pas forcément les mêmes choses derrière les mêmes mots », poursuit François Lenfant. Depuis, GE a réitéré l'expérience, faisant collaborer la France, les Etats-Unis et Israël, mais aussi l'Autriche, la Chine, l'Inde, la Norvège...
LAURANCE N'KAOUA
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