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Sanofi-Aventis a mis en service début 2008 un laboratoire central anti-contrefaçon (LCAC) sur son site industriel de Tours afin de protéger ses médicaments brevetés. Il emploie 8 chercheurs chargés d'analyser et de regrouper les informations en provenance des quelque 80 usines chimiques et pharmaceutiques réparties dans le monde entier. Trois laboratoires de recherche appliquée lui sont associés, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), Aramon (Gard) et Francfort (Allemagne). Le coût de l'installation avoisine 3 millions d'euros, dont 1 million pour le bâtiment et les instruments, selon Jean-François Dehecq, président du groupe français.
« La contrefaçon de médicament pèse 4,5 milliards d'euros, soit 10 % du marché mondial , a-t-il rappelé hier. Et dans certains pays de l'hémisphère Sud, cette proportion grimpe à 30 %. Pour nous, la perte est estimée entre 2 et 3 % de notre chiffre d'affaires (28 milliards d'euros en 2007). » Selon Jacques Franquet, directeur de la sûreté de Sanofi, « des pays comme la Chine et l'Inde abritent des usines clandestines qui copient des principes actifs, copies distribuées ensuite par des filières du crime organisé via le Pakistan, la Grèce ou la Colombie. Le LCAC va nous permettre d'identifier les réseaux et d'aider la justice. » « Ce trafic rapporte désormais plus que la drogue », s'emporte Jean-François Dehecq, qui faisait visiter hier le LCAC au secrétaire d'Etat des PME et des services, Hervé Novelli, ainsi qu'à des partenaires et des journalistes du monde entier.
Depuis 2005, Sanofi Aventis a musclé sa lutte anti-contrefaçon. Un ancien policier de la brigade des stupéfiants, Jacques Franquet, a pris la direction de la sûreté, qui emploie une trentaine de personnes. La cellule chargée de traquer les contrefacteurs compte une dizaine d'anciens policiers ou gendarmes, dont trois aux Etats-Unis. L'an dernier, elle a mis au jour un trafic de la pilule anti-obésité Acomplia sur Internet, permettant l'arrestation et la condamnation d'un Franco-Suédois de vingt-deux ans.
D'autre part, la réflexion anti-contrefaçon engagée par toute l'industrie pharmaceutique européenne a pris la forme d'une nouvelle norme de traçabilité, baptisée « Datamatrix ». Son objectif : sécuriser les lots de médicaments en cryptant les informations contenues dans les codes d'identification des boîtes. Les pharmacies allemandes testeront ce dispositif en 2009 avant une extension à toute l'Europe en 2011. Chez Sanofi, l'adaptation des process industriels à Datamatrix coûtera 200 millions d'euros.
STÉPHANE FRACHET
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