|
Le fabricant lyonnais de prothèses orthopédiques Lépine vient de se doter d'une filiale au Maroc, où il a pris le contrôle de son distributeur Innopro à Rabat. Il envisage d'en faire de même en Espagne, où il a engagé des discussions avec l'entité M & Kor. Un projet est également à l'étude en Algérie. « Nous voulons monter en puissance dans ces pays en nous y installant directement. L'Afrique du Nord constitue une niche à laquelle ne s'intéressent pas les grandes majors américaines », explique Thierry Aslanian, directeur du marketing de l'entreprise indépendante française dont l'origine remonte à 1714. L'exportation a assuré 30 % des 16 millions d'euros de ventes réalisées en 2007 avec les prothèses orthopédiques, son métier dominant. « L'étranger devrait assurer 50 % de notre activité à l'horizon de 2013. Nos principaux débouchés sont aujourd'hui l'Amérique du Sud et, plus particulièrement, le Brésil, la Roumanie, la Lituanie, et nous démarrons en Iran », poursuit le dirigeant. Il estime entre 4 % et 5 % sa part du marché français, qui consomme environ 120.000 prothèses de hanche et 180.000 prothèses de genoux par an. « Notre atout réside dans notre savoir-faire complet. Nous maîtrisons toutes les étapes, depuis la conception jusqu'à la mise sur le marché, en passant par les études épidémiologiques. Nous avons des ingénieurs, des infographistes, des médecins et des spécialistes de la forge », résume Thierry Aslanian.
Un nouveau site près de Lyon
En acquérant le béarnais Sanortho en 2005, l'entreprise présidée par Patrick Pfaifer a mis la main sur un atelier travaillant les alliages en titane, les aciers inoxydables et le polyéthylène. A Bourges, elle possède une société spécialisée dans les alliages à mémoire de forme. Le groupe de 250 salariés, dont le chiffre d'affaires cumulé s'est établi à 32,8 millions d'euros l'an dernier, continue, par ailleurs, à fabriquer des attelles de genou, de poignet et autres produits d'immobilisation occupant 30 couturières. Il regroupera, d'ici à septembre 2009, ses différentes implantations lyonnaises sur un nouveau site à Genay, au nord de Lyon, où il reprend 15.000 mètres carrés de locaux précédemment occupés par une affaire de négoce. L'investissement est chiffré autour de 5 millions d'euros et il lui faudra notamment déménager un parc composé de quelque 45 machines dont la valeur est estimée entre 15 millions et 20 millions d'euros.
MARIE-ANNICK DEPAGNEUX
Tous droits réservés (2008) LES ECHOS
|