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Une enquête, menée dans quatre des 17 facultés de médecine au Canada a permis de révéler le problème : dans un contexte de « pénurie généralisée de médecins » , « 73 postes de résidents ont été laissés vacants au Québec, dont 85 % en médecine familiale » . Le journal rapporte que les médecins interrogés dans le cadre de cette étude « parlent tous de «crise», traitant des généralistes comme d'une «espèce en danger» » .
Selon cette enquête, fondée sur l'interview de 92 médecins - vice-doyens de faculté, médecins enseignants, psychiatres ou bien encore radiologistes -, le problème serait dû à l'affrontement de deux visions du rôle du médecin de famille.
D'un côté, le « médecin «omniscient», qui fait un accouchement avant de se rendre à son quart de travail à l'urgence, entre deux disponibilités en cabinet et qui finit sa journée par des appels aux patients ». De l'autre, un grand gestionnaire de bobos en tout genre, mais qui n'hésite pas à diriger ses patients vers un spécialiste.
Mais si la deuxième vision du rôle du médecin de famille est certainement la plus réaliste, elle ne séduit pas pour autant les jeunes généralistes qui préfèrent tout de même se spécialiser, au moins un peu, pour « se poser dans un domaine où ils se sentent compétents » . Sans compter que la médecine familiale ne jouit pas du même prestige que les autres spécialisations. « Le Devoir » rapporte ainsi l'anecdote de l'un des résidents interrogés au cours de l'enquête et à qui un collègue aurait lancé : « Tu es seulement un médecin de famille... »
Pour traiter cette crise, le quotidien montréalais s'en remet au docteur-chercheur Marie-Dominique Beaulieu, qui a mené cette étude et préconise un retour à la réalité des médecins de famille, c'est-à-dire un « médecin de continuité et de relation » . Et d'ajouter, avec sagesse : « Le généraliste ne peut pas tout faire, tout seul. »
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