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L'opération, amicale, est l'une des plus importantes jamais réalisées dans le secteur. « Elle nous permettra de renforcer notre leadership aux Etats-Unis et dans d'autres pays et de renforcer notre portefeuille de produits » , s'est réjoui Shlomo Yanai, qui dirige Teva depuis 2007. « Cette opération entre parfaitement dans la stratégie de Teva, qui veut atteindre les 20 milliards de dollars de chiffre d'affaires d'ici à 2012 » , commente Paulina Niewiadomska, spécialiste du secteur chez Sectoral Asset Management.
Fort d'un chiffre d'affaires de 10 milliards de dollars, Teva est déjà le numéro un mondial des génériques. Avec cette opération, qui porterait ses ventes à 12 milliards, le groupe israélien va creuser l'écart avec le numéro deux, Sandoz, filiale du suisse Novartis (lire graphique). « Avoir une taille importante est cruciale sur ce marché, poursuit la même analyste. Dans un environnement de baisse continue des prix des médicaments génériques, cela permet d'accéder à des matières premières à un coût moins élevé et d'être en position de force vis-à-vis de clients de plus en plus gros. » « Teva gagnera un grand pouvoir de négociation vis-à-vis des distributeurs » , ajoute pour sa part Goldman Sachs.
Réformes aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, Teva contrôlera plus de 22 % des ventes de génériques après l'acquisition de Barr, selon les données d'IMS. Pour Paulina Niewiadomska, l'opération arrive à point nommé, à la veille de l'élection présidentielle américaine. « Quel que soit le vainqueur, nous pensons que les Etats-Unis instaureront une certaine forme de couverture universelle pour les frais de santé » , explique-t-elle. Une telle réforme se traduira par un poids accru de l'Etat sur le marché pharmaceutique. Comme en Europe, ce sont les pouvoirs publics qui négocieront les prix des médicaments pour des dizaines de millions d'assurés. Mieux vaut être gros dans cette perspective : « Les réformes provoqueront probablement une hausse des volumes de médicaments vendus, mais aussi une baisse des prix » , prédit la spécialiste.
Avec cette acquisition, Teva hérite également d'une solide présence dans une région en forte croissance, l'Europe de l'Est, où Barr s'est implanté il y a deux ans en achetant le croate Pliva. Autre intérêt de l'opération, le groupe israélien renforcera sa gamme de pilules contraceptives, l'une des spécialités de Barr. Dans ce domaine, le laboratoire américain ne se contente pas de vendre des génériques, mais aussi des médicaments sous brevet, issus de sa propre recherche.
« Le prix payé par Teva est raisonnable, estime l'analyste de Sectoral. Il représente 3,6 fois le chiffre d'affaires de Barr, un multiple comparable aux précédentes transactions dans le secteur des génériques. » Goldman Sachs parie sur une poursuite de la consolidation : « Nous pensons que ce secteur va se concentrer aux mains de quatre ou cinq acteurs mondiaux au cours des prochaines années. » L'allemand Stada est régulièrement cité comme une cible potentielle. Son titre a gagné près de 3 % à Francfort vendredi.
VINCENT COLLEN
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