|
Face à une concurrence toujours vive, le Laboratoire Français du Fractionnement et des Biotechnologies (LFB) se donne les moyens d'accroître sensiblement son chiffre d'affaires. « Nous allons doubler nos capacités de production d'ici à 2010 », annonce le PDG du groupe public, Christian Béchon. Trente millions d'euros ont été investis l'an dernier et 32 millions le seront cette année. Les deux usines du LFB, à Lille et aux Ulis (Essonne), sont en train d'être modernisées et agrandies. Les nouvelles lignes de fabrication permettront de doubler la production des médicaments du laboratoire français, qui sont développés à partir du plasma issu des dons de sang. A commencer par Tegeline, premier produit du LFB, qui représente à lui seul près de 40 % du chiffre d'affaires. Cette immunoglobuline est indiquée pour le traitement de maladies auto-immunes, comme le syndrome de Guillain et Barré, ou pour des déficits immunitaires. Les ventes d'immunoglobulines progressent au rythme de 16 % par an en moyenne en volume, selon les donnés de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. « Ces maladies sont de mieux en mieux diagnostiquées et mieux traitées », explique Christian Béchon. Tegeline est en position dominante en France, avec les deux tiers du marché, mais la concurrence ne manque pas, notamment de la part du suisse Octapharma ou des américains CSL Behring et Baxter.
Normes plus strictes
Autres produits en croissance en raison d'une évolution des pratiques médicales, les facteurs de coagulation sanguine, utilisés par exemple chez les hémophiles ou pour prévenir les hémorragies lors d'une intervention chirurgicale. Sur ce marché, le LFB ne revendique que 15 % du marché français, face à l'allemand Bayer, au danois Novo Nordisk ou aux américains Baxter et Wyeth.
Le LFB avait « pris du retard dans ses investissements » par rapport à ses concurrents au début des années 2000, reconnaît Christian Béchon. Les investissements consentis actuellement permettront au laboratoire détenu à 100 % par l'Etat de faire face à des « normes de plus en plus strictes » qui poussent à la hausse les coûts de fabrication. Le prix du plasma, que le LFB achète à l'Etablissement français du sang, progresse lui aussi, car, si le don est gratuit dans l'Hexagone, le coût de la collecte s'accroît. « Le plasma représente un tiers du prix de nos médicaments », souligne Christian Béchon. Face à cette inflation, les investissements visent aussi à améliorer le rendement des sites de production « d'environ 10 % » .
VINCENT COLLEN
Tous droits réservés (2008) LES ECHOS
|