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En fin connaisseur de l'hôpital et des élus locaux, l'ancien ministre du Travail et président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Gérard Larcher, a su concocter, dans son rapport sur l'hôpital, un savant dosage de mesures de restructurations et de garanties apportées aux maires. Dans sa réforme, Nicolas Sarkozy a donc repris telle quelle la proposition phare de constituer des « communautés hospitalières de territoires » : il s'agit, à l'instar des communautés de communes, de regrouper de manière souple plusieurs entités sous la houlette d'un hôpital référent.
Cette stratégie semble porter ses fruits auprès des élus, puisque 84 % se disent « favorables » à la mise en place de ces communautés hospitalières, selon un sondage à paraître aujourd'hui, réalisé par l'Ifop pour la FHF, la Caisse d'Epargne et « Les Echos » (1). Globalement, les 302 maires et adjoints interrogés « adhèrent très majoritairement aux principales mesures de la réforme » , souligne Jérôme Fourquet (Ifop).
Pas à n'importe quel prix
Ainsi, 78 % d'entre eux soutiennent « la reconversion de certains hôpitaux en centres de soins de proximité (soins de suite, personnes âgées, pré et postnatalité) » et 84 % appuient l'idée d'inciter les cliniques privées « à prendre en charge des missions de service public » . Cela traduit une prise de conscience, à 77 % des interrogés, de la « nécessité de réformer les hôpitaux même si ce n'est pas facile » .
Pourtant, en dépit de ces jugements positifs, 50 % des maires ne sont pas favorables, globalement, à la réforme de l'hôpital (contre 45 % de favorables). Ils estiment à 70 % que « l'hôpital de proximité doit être sauvegardé, même s'il est peu fréquenté » et sont 50 % à placer « la disparition de certaines spécialités (chirurgie, maternité) dans les hôpitaux de proximité » en tête des difficultés à résoudre pour améliorer l'accès aux soins pour la population. Enfin, 67 % considèrent que « le risque d'erreur ou d'accident médical n'est pas supérieur dans les hôpitaux de petite taille ». Résignés à la réforme, les maires sont prêts à des regroupements pragmatiques, mais pas à n'importe quel prix.
E. L.
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