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« La baisse sera inférieure à 5 % », prévoit Vincent Cotard, président de l'Afipa, qui regroupe les laboratoires spécialistes de l'automédication. Dès la parution du décret au « Journal officiel », probablement en début de semaine prochaine, quelque deux cents médicaments pourront être vendus devant les comptoirs des pharmacies.
Dans les officines qui choisissent cette option, les clients pourront donc mieux comparer les prix des antidouleurs, des traitements contre la toux ou des comprimés contre les allergies passagères. Et donc, en théorie, mieux faire jouer la concurrence, ce qui ferait baisser les prix. Les industriels jugent que le recul sera limité parce que « la concurrence existe déjà », rappelle Vincent Cotard. Les tarifs des médicaments délivrés sans prescription sont déjà totalement libres, à tous les niveaux de la chaîne : laboratoire, grossiste, pharmacien.
Le prix final dépend du choix du fournisseur. Les achats réalisés directement auprès du laboratoire sont plus avantageux que les commandes passant par l'intermédiaire des grossistes. Il varie aussi en fonction des volumes vendus : le laboratoire accordera des remises plus importantes au pharmacien si celui-ci achète en grande quantité. Cette remise peut varier de 15 % à 40 % sur le prix du médicament, selon le rapport Baumelou-Coulomb remis l'an dernier au ministère de la Santé, « voire davantage » . D'où de grandes disparités de prix entre les officines. « On constate des différences de 20 % à 30 % sur certains produits », observe Gilles Bonnefond, secrétaire général du syndicat de pharmaciens Uspo.
Impact minime
Le libre-accès « gommera probablement les écarts de prix les plus importants entre officines », souligne Vincent Cotard. Mais les tarifs moyens ne devraient pas bouger, car ils sont « déjà inférieurs à la moyenne européenne », assure-t-il. Le prix moyen d'une boîte est de 5,41 euros en 2007, en hausse de 1,1 % sur un an. Il n'y a donc « pas de justification » pour qu'ils reculent encore.
Les pharmaciens sont un peu plus optimistes que les industriels. « Nous pensons que les prix baisseront de 5 % à 10 % », estime Gilles Bonnefond. L'UNPF, un autre syndicat, table sur un recul de 10 % à 12 %. Quoi qu'il en soit, l'impact sur le pouvoir d'achat des Français sera minime, car ils ne dépensent, en moyenne, que 27 euros par an en automédication. A raison d'une boîte tous les deux mois à 5,41 euros, l'automédication représente 0,18 % du budget d'un Français moyen gagnant 1.600 euros nets par mois, selon les chiffres de l'Afipa.
VINCENT COLLEN
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