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Trois cent cinquante millions d'euros en 2007, 450 millions cette année : le déficit cumulé des centres hospitaliers universitaires (CHU) prend des proportions abyssales. Une accélération qui ne laisse pas d'inquiéter les maires des grandes villes où ces établissements sont implantés, à raison d'un, voire plusieurs, par région (jusqu'à 3 en Rhône-Alpes et en Paca). « Les investissements qu'il leur faut réaliser sont beaucoup plus importants que dans les autres hôpitaux, compte tenu de la sévérité des pathologies. Je pense aux plateaux techniques nécessaires au traitement des tumeurs au cerveau, à la prise en charge des grands prématurés », explique Michel Destot. Le maire PS de Grenoble, comme beaucoup d'édiles, redoute de voir le CHU, dont il préside de droit le conseil d'administration, manquer bientôt de moyens pour s'équiper en matériel de pointe ou s'entourer des meilleures compétences.
Propositions d'amendement
Un risque de perte de rayonnement et de compétitivité dans les domaines de la recherche et de la formation, sur lequel le président de l'Association des maires des grandes villes (AMGVF) et plusieurs de ses homologues, ont attiré mardi l'attention de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Avec le sentiment, au sortir de leur rencontre, d'avoir été entendus. Les CHU pourraient ainsi faire l'objet d'un traitement à part en matière de tarification à l'acte (T2A), le système de financement qui s'est substitué à la dotation globale annuelle. Un coefficient de précarité pourrait lui être appliqué, prenant en compte la charge supplémentaire qui incombe au CHU. « Nos établissements mobilisent plus de personnel, assurent une prise en charge hôtelière plus longue » , explique Michel Destot. Le degré de sévérité des pathologies serait aussi pris en considération.
A la demande de Roselyne Bachelot, l'AMGVF remettra à la ministre le mois prochain ses propositions d'amendement au projet de loi « santé, patient, territoires ». Avec la promesse qu'il pourrait en être tenu compte. Ce texte, qui doit être présenté le 24 septembre en Conseil des ministres, interpelle les élus à d'autres titres. Les communautés hospitalières de territoire (CHT), dont les « grands maires » ne contestent pas le bien-fondé, ne doivent pas dériver vers un nivellement des établissements qui ferait perdre aux CHU leurs spécificités.
« Le maire doit continuer de présider » , ajoute également Michel Destot. Le projet de loi prévoit en effet de substituer aux actuels conseils d'administration des hôpitaux des conseils de surveillance dont le président ne serait plus le premier magistrat de la ville. L'AMGVF ne s'y résout pas au nom de l'intérêt général, dont le maire serait le meilleur défenseur. Et aussi parce qu'il serait le mieux placé pour jouer les arbitres dans une communauté hospitalière où les corporatismes sont nombreux.
J. C.
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