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Après cinq années de batailles juridiques, Pfizer, le leader mondial de la pharmacie, vient de se mettre d'accord avec l'indien Ranbaxy pour que ce dernier lance un générique du Lipitor dans la plupart des grands marchés. Il pourra le faire le 30 novembre 2011 aux Etats-Unis, et à des dates non précisées au Canada, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suède, en Italie et en Australie.
Ranbaxy accepte ainsi de patienter un peu. Le brevet principal du Lipitor tombant en mars 2010, Wall Street s'attendait à ce que le laboratoire indien commercialise une copie de ce médicament dès cette date. Devant les tribunaux, le géant américain essayait, lui, de proroger la date de son brevet jusqu'en 2016. A la Bourse de New York, Pfizer progressait de 3 % hier en début de séance. A Bombay, l'action Ranbaxy a clôturé en hausse de 2,7 %.
Le délai permettra à Pfizer de souffler un peu, en continuant à vendre son médicament vedette, qui lui a rapporté l'an dernier un chiffre d'affaires de 12,7 milliards de dollars, soit un quart de ses ventes, et représente la moitié de ses bénéfices, selon les analystes. C'est actuellement le médicament le plus vendu au monde.
De son côté, Ranbaxy, en tant que premier laboratoire à avoir demandé l'approbation d'un générique du Lipitor, profitera de dix-huit mois d'exclusivité par rapport aux autres fabricants de génériques. Le prix américain d'un médicament baisse généralement d'au moins 20 % au moment de l'arrivée du premier générique, et de 80 % avec l'apparition d'autres copies.
Pas de contre-offre sur Ranbaxy
Selon l'accord, Ranbaxy pourra continuer à vendre les copies du Lipitor qu'il propose déjà en Malaisie, au Brunei, au Pérou et au Vietnam. Mais la bataille de brevets se poursuivra en Finlande, au Danemark, en Espagne, au Portugal et en Roumanie.
Pourtant, cet accord à l'amiable risque de ne pas satisfaire tout le monde. Les patients et les assureurs, qui cherchent des génériques moins chers que la molécule originale, pourraient estimer que c'est là une atteinte à la concurrence. Mais Pfizer se dit serein, puisque l'accord n'implique pas d'argent et serait en accord avec les règles en vigueur. La Federal Trade Commission (FTC) américaine aura sans doute son mot à dire.
Pfizer a par ailleurs démenti avoir l'intention de lancer une contre-offre pour acheter Ranbaxy. Daiichi Sankyo, le troisième laboratoire japonais, a annoncé récemment sa volonté de prendre le contrôle du laboratoire indien pour un montant allant jusqu'à 4,6 milliards de dollars.
THOMAS LE MASSON
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