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Le papillomavirus humain. Ce virus, à l'origine de cancers du col de l'utérus, est la cible d'un nouveau vaccin thérapeutique.
Dans les années à venir, le lancement sur le marché de vaccins thérapeutiques va fondamentalement changer la donne. Sur le plan médical, bien sûr. Leur mode d'action est différent de celui des vaccins prophylactiques ou préventifs, qui sont inoculés à un organisme sain pour l'initier à un virus ou à une bactérie qui lui est inconnu. Les vaccins thérapeutiques, eux, sont administrés à des personnes malades pour les aider à se battre contre un ennemi en place, comme une tumeur maligne. Autrement dit, ils sont fondés sur le principe de l'immunologie, qui consiste à détruire de manière spécifique les cellules cancéreuses d'un patient en stimulant ses défenses immunitaires.
Au niveau industriel, aussi, la course aux vaccins thérapeutiques, porteurs d'espoirs pour des maladies encore incurables, fait apparaître de nouveaux acteurs. En première ligne figurent, comme pour les biomédicaments, les sociétés de biotechnologie, dont l'expertise attise la convoitise des grands laboratoires qui cherchent à se renforcer ou à se positionner sur le marché des vaccins. A l'instar de l'entreprise américaine Chiron, entrée dans le giron du suisse Novartis, au cinquième rang mondial. Ou de sa compatriote MedImmune, sur laquelle le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca a jeté son dévolu. Certaines sociétés européennes sont aussi bien positionnées, comme la start-up suisse Cytos, qui développe des candidats vaccins pour lutter contre le mélanome malin, l'hypertension ou l'addiction à la nicotine.
Transgene en pointe
Lors du congrès annuel de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO), début juin à Chicago, l'entreprise britannique Oxford Biomedica s'est illustrée en présentant des résultats encourageants dans le cancer du rein métastatique pour le Trovax, le vaccin thérapeutique qu'elle développe en partenariat avec Sanofi-Aventis.
Parmi les françaises, c'est Transgene qui tire le mieux son épingle du jeu. L'accord majeur qu'elle a signé avec le groupe pharmaceutique suisse Roche en est l'illustration. Il porte sur son vaccin thérapeutique ciblant le papillomavirus humain (HPV), à l'origine de lésions précancéreuses et du cancer du col de l'utérus. « Depuis quelques années, les développements cliniques des vaccins thérapeutiques sont faits en combinaison avec la radiothérapie et la chimiothérapie pour essayer d'en améliorer l'efficacité. Mais, aujourd'hui, on ne guérit pas encore de certains cancers avancés. L'objectif n'est donc pour l'instant que l'amélioration de la survie », explique Philippe Archinard, directeur général de Transgene, qui a aussi obtenu quelques résultats intéressants pour le cancer du poumon. Mais reconnaît qu'« il reste encore beaucoup à faire pour éradiquer ce fléau » .
Quant à la start-up française Néovacs, elle a aussi été repérée par le suisse Novartis, qui a validé sa plate-forme technologique en lui apportant son soutien financier. « Nous avons obtenu des résultats très intéressants sur la polyarthrite rhumatoïde et nous savons, d'ores et déjà, qu'on va éviter les problèmes de résistance qui apparaissent dans certains cas avec les anticorps monoclonaux actuellement utilisés », annonce Guy-Charles Fanneau de la Horie, directeur général de Néovacs.
C. H.
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