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Actimis est en effet en train de développer un médicament prometteur, baptisé « AP768 », contre l'asthme et les rhinites allergiques. Le produit n'en est toutefois que dans les premières phases de développement clinique. L'achat des actions Actimis se fera donc progressivement, en fonction des résultats obtenus par l'AP768 au cours de ses phases successives de validation et d'agrément. Si le médicament atteint la phase de mise sur le marché, Boehringer Ingelheim détiendra 100 % du capital, pour un montant de 515 millions de dollars (331 millions d'euros). Même en cas de succès, le produit ne devrait pas arriver dans les pharmacies avant six, voire huit ans. Le risque est donc grand pour Boehringer Ingelheim, qui fait partie des vingt plus grands laboratoires mondiaux. Mais le groupe n'avait d'autre choix pour sécuriser les droits de l'AP768, Actimis ne souhaitant pas signer de contrats de licence.
L'opération fait suite à trois autres transactions similaires, ces derniers mois : l'achat de l'américain Sirtris (neurologie, immunologie) par GlaxoSmithKline, pour 720 millions de dollars, l'acquisition d'Encysive (hypertension artérielle pulmonaire) par Pfizer, pour 195 millions de dollars, ou encore l'intégration de l'allemand U3 Pharma (recherche sur les anticorps dans la lutte contre le cancer) par Daiichi Sankyo, pour 235 millions de dollars.
Actimis a été créé en 2004, à San Diego (Californie) par un ancien de Bayer, Kevin Bacon, avec comme axes de recherche les maladies respiratoires, inflammatoires et auto-immunes. La société a été financée en bonne partie par deux fonds, Sanderling Ventures et Mitsui Venture Partners.
Le groupe Boehringer Ingelheim, fondé en 1885, a réalisé l'an dernier des ventes de 10,9 milliards d'euros, dont 1,8 milliard au titre de son médicament phare, le Spiriva, contre les obstructions pulmonaires chroniques typiquement provoquées par le tabac. Basé à Ingelheim en Allemagne, le groupe non coté est présent dans 47 pays et emploie près de 40.000 personnes. Il dépense environ un cinquième de son chiffre d'affaires de sa branche médicaments sur ordonnance en recherche-développement. Même s'il est nettement plus petit, Boehringer Ingelheim parvient à concurrencer les poids lourds du secteur, comme GlaxoSmithKline ou Pfizer, sur certains segments.
KARL DE MEYER
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