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Dans les biotechnologies, les européens ont décidément du mal à rivaliser avec les américains. C'est ce que montre le nouvel indice Next Biotech, dont l'existence vient d'être officialisée par Nyse Euronext, le grand marché contrôlé par la Bourse de New York qui regroupe les Bourses de Paris, d'Amsterdam, de Bruxelles et de Lisbonne. Avec la cotation depuis hier d'Ipsogen, il comprend les 26 sociétés des biotechnologies cotées sur les marchés européens de Nyse Euronext et représente une capitalisation boursière de 4,4 milliards d'euros.
Ce nouvel indice de place paneuropéen, une première du genre, pourrait offrir une visibilité à ce secteur très volatil. Mais, dans l'immédiat, il confirme ses difficultés, en cette période de conjoncture boursière troublée. Sur une base historique et rétroactive, il apparaît en effet qu'en un an il a chuté de 36 %, alors que l'Amex Biotech Index, l'indice phare américain des vingt grandes valeurs du secteur (Amgen, Biogen, Celgene, Genentech...) n'a reculé, lui, que de 7 %.
Le nouvel indice européen, dont la base démarre à 1.000 au 30 décembre 2005, a commencé par monter au-delà des 1.400 points au premier semestre 2007. Mais, depuis, il n'a pratiquement pas cessé de baisser, pour tomber hier à 891,85 points. En deux ans et demi, l'indice Next Biotech a ainsi fléchi d'environ 10,8 %, alors que l'Amex Biotech Index a progressé de 8,3 %. Et que l'autre indice vedette outre-Atlantique, le Nasdaq Biotech Index, qui réunit 153 valeurs du domaine, est, lui, resté stable. L'avantage en termes de performance est donc nettement du côté américain.
Depuis le début de l'année, les valeurs européennes ont été particulièrement secouées, avec une baisse moyenne de 16 %. Mais certaines ont connu des glissades bien plus fortes : - 38 % pour le français BioAlliance Pharma, - 33 % pour Eurofins Scientific, - 32 % pour le belge Ablynx, par exemple. Les hausses se comptent sur les doigts d'une seule main. La première valeur du secteur, le néerlandais Crucell, s'est tout juste maintenue (+ 2 %). Quant à l'action du belge Innogenetics, elle a grimpé de 16 %, à la suite d'une bataille entre deux sociétés pour sa prise de contrôle. Les professionnels européens se réjouissent malgré tout de la naissance d'un tel indice de place, qui a le mérite d'être plus neutre que ceux déjà existants, développés par des établissements financiers. « Nous sortons ainsi du «ghetto» de la très très haute technologie. Nous sommes désormais considérés comme faisant partie d'un secteur à part entière, plus industriel, plus structuré, plus professionnel et non comme une petite mode passagère. Le métier est pérennisé », s'enthousiasme Marc Le Bozec, directeur financier de Cellectis.
Rattraper les Etats-Unis
Gilles Martin, le président d'Eurofins Scientific, se félicite de son côté qu'à l'heure où « près de 50 % des nouveaux médicaments sont issus de l'industrie des biotechnologies », l'arrivée de cet indice offre aux investisseurs « un indicateur clair et transparent de la création de valeur par ce secteur, qui présente de fortes perspectives de croissance » . La comparaison entre les Etats-Unis et l'Europe dans son entier, en incluant la Grande-Bretagne, l'Allemagne, etc., n'est d'ailleurs pas si déséquilibrée que cela.
L'an dernier, le chiffre d'affaires de la biotechnologie américaine a atteint 43,6 milliards d'euros, soit 3 fois celui du secteur européen (13,4 milliards d'euros), selon les chiffres de Ernst & Young. Même écart en matière de R&D, avec des dépenses de 19 milliards d'un côté et 6,3 milliards de l'autre. De même, le nombre d'employés dans le secteur atteint presque 200.000 personnes en Amérique, contre 82.000 sur le Vieux Continent. Mais le nombre d'entreprises de biotech est plus élevé de ce côté-ci de l'Atlantique (1.744 contre 1.502). Et le nombre d'introductions en Bourse l'an dernier a été identique pour les deux zones, de l'ordre d'une vingtaine pour chacune.
THOMAS LE MASSON
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