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Current entry  Divisée, la Commission européenne peine à prendre position
La Commission a préféré reconsulter la très critiquée Autorité européenne de sécurité des aliments avant de se prononcer sur l'autorisation de deux variétés de maïs et d'une pomme de terre génétiquement modifiées. Au grand dam des associations de défense de l'environnement...14/05/08


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Après avoir opposé les Etats membres, l'épineux dossier des OGM divise désormais le Collège des commissaires européens. Après un débat informel particulièrement animé, la Commission européenne a de nouveau reporté, le 7 mai, toute décision sur l'autorisation de deux variétés de maïs génétiquement modifié (le Bt11 du suisse Syngenta et le 1507 de l'américain Pioneer-Dow) ainsi que de la pomme de terre Amflora, mise au point par l'allemand BASF. Plutôt que de prendre position, Bruxelles a préféré demander à la très contestée Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), l'agence chargée d'évaluer sur le plan scientifique les conséquences des OGM sur la santé humaine et l'environnement, de réexaminer les avis déjà rendus sur ces semences. 

Malgré les positions très réservées de certains scientifiques, l'agence ne s'est jamais opposée à l'autorisation d'un OGM : les 16 décisions qu'elle a rendues depuis 2004 y sont toutes favorables. Le commissaire à l'Environnement, Stavros Dimas, aurait souhaité un vote sur le sujet. Soutenu par le commissaire européen à la Santé, la Chypriote Androula Vassiliou, il voulait que Bruxelles, au vu des nouveaux éléments du dossier, interdise ces OGM avant même de reconsulter l'Efsa, qui a déjà rendu un avis sur les maïs et deux sur la pomme de terre. Mais le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, n'a pas pris la responsabilité d'une telle décision et le Collège des commissaires a refusé de se substituer à l'agence. Celle-ci est largement critiquée, notamment par les écologistes, qui l'accusent d'être dans la main des industriels. « Demander à l'Efsa, agence inadéquate et sous-financée, de vérifier la sécurité de ces semences pour la troisième fois équivaut à demander à un renard de surveiller un poulailler », a critiqué Marco Contiero, de Greenpeace. « L'agence aura besoin de réformes complètes avant qu'on lui confie d'importantes décisions sur la sécurité des semences OGM », juge Helen Holder, de l'association Amis de la Terre.

 

A. C. (À BRUXELLES)

Tous droits réservés (2008) LES ECHOS

Source
Les Echos
Date de publication
14/05/08
 Thèmes
  Politique de santé

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