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« Ce sont souvent des maladies dont l'origine est multifactorielle, d'où la difficulté à pouvoir les imputer à une cause majoritairement professionnelle ou privée », explique Olivier Galamand, médecin du travail dans un grand groupe informatique. Surtout, il n'existe pas de tableau de maladies professionnelles relatives aux troubles psychiques, d'où l'enjeu des négociations actuelles entre patronat et syndicats. Pour l'instant, le patronat se refuse à toute reconnaissance normée qui entraînerait une présomption d'origine professionnelle et se range derrière l'argument des « fragilités personnelles », ou celui d'un environnement global de plus en plus stressant, qui irait bien au-delà de la seule sphère professionnelle.
Difficile prévention
Côté symptômes en tout cas, les médecins découvrent de plus en plus de pathologies liées de manière certaine au stress chronique : troubles du sommeil, irritabilité, maladies coronariennes, diminution de la capacité de résistance aux infections, dépressions, suicides. Mais pour les faire reconnaître en maladies professionnelles, « cela demande énormément de temps, d'énergie, sans compter les pressions de la direction », prévient Olivier Galamand, qui a fait reconnaître l'an passé un suicide en maladie professionnelle. Chez Renault, deux suicides de salariés ont dernièrement été reconnus en maladie professionnelle, avec une faute inexcusable de l'employeur pour l'un deux. « La jurisprudence récente laisse penser que ce genre de décisions pourrait se généraliser. C'est une juste compensation pour les familles de victimes, mais l'impact financier est souvent très lourd pour l'entreprise. Dans un grand groupe, on peut y faire face, mais dans des PME, cela peut mettre l'employeur en grande difficulté, voire le mettre en faillite, comme on a pu le voir avec le dispositif amiante par exemple », s'inquiète Jean-Claude Delgenes, directeur général du cabinet Technologia, spécialisé dans la gestion des risques professionnels.
Au-delà de la réparation, repenser la prévention reste une démarche difficile à installer. Certains syndicats proposent par exemple de rendre obligatoire une négociation sur le stress au travail. « La plus grande difficulté, c'est de sortir d'une logique seulement victimaire et individuelle pour aller vers une prévention collective et globale, quasi inexistante aujourd'hui », analyse Jean-Claude Delgenes. Identifier les fonctions sensibles, partager les responsabilités pour qu'un salarié ne porte pas seul le chapeau en cas d'échec, mettre en place des RH de proximité : « Ce questionnement sur l'organisation ne remet pas en cause la productivité, au contraire », plaide Jean-Claude Delgenes. Reste à convaincre les entreprises.
M. B.
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