Choisir l'hôpital le plus proche en dépit des frontières. C'est désormais possible pour les assurés sociaux résidant dans les 18 cantons du nord des Ardennes françaises, le long de la frontière avec la Belgique, ainsi que ceux habitant les provinces wallonnes de Namur et de Luxembourg. Depuis le 1er février dernier, ils peuvent se rendre sans autorisation médicale préalable dans 13 établissements hospitaliers de leur choix, signataires d'une convention de zone d'accès aux soins transfrontaliers signée par les autorités sanitaires franco-belges en début d'année et ratifiée par le Parlement belge : en France, les centres hospitaliers de Sedan et de Charleville-Mézières, les hôpitaux locaux de Fumay et de Nouzonville, la polyclinique du Parc à Charleville, la clinique de Villers-Semeuse ; en Belgique le centre hospitalier de Dinant, les polycliniques de Gédine, de Ciney, de Beauraing, de Couvin et de Philippeville ainsi que la clinique de Mont-Godinne.
Né du programme européen Interreg II de coopération sanitaire, cet accord-cadre concerne un territoire de plus de 150.000 habitants. Il remplace et élargit la convention signée en 2004 entre les centres hospitaliers de Charleville-Mézières et de Dinant pour permettre aux habitants des cantons français de Givet et de Fumay de recevoir des soins hospitaliers à Dinant, plus proche que la capitale ardennaise, dans les mêmes conditions de prise en charge que sur le territoire hexagonal.
« Cet accord exprime notre volonté d'assurer des services de proximité », explique Jean-Paul Bachy, le président de la région Champagne-Ardenne, pour qui cette nouvelle organisation « n'a strictement rien à voir » avec une réponse à la réforme annoncée de la carte hospitalière française, même si l'élu socialiste n'en déplore pas moins « le processus de rétrécissement des services publics que le gouvernement met en oeuvre » .
Complémentarités multiples
Cependant, cette coopération sanitaire transfrontalière ne peut que conforter la pérennité des établissements signataires, dont les complémentarités sont multiples. Car l'accord permet non seulement d'assurer le meilleur accès possible à des soins de qualité pour les transfrontaliers et de garantir la continuité des soins, mais également d'optimiser l'organisation de l'offre en facilitant l'utilisation ou le partage des moyens matériels et humains comme la mutualisation des pratiques. Un des sujets abordés pour le prolongement de cette convention concerne d'ailleurs la mise en place du même type de prise en charge pour le secteur des urgences.
« Ce protocole s'inscrit dans une stratégie plus globale de coopération soutenue de la Champagne-Ardenne avec la Wallonie voisine », souligne le président Bachy, qui souhaite « relancer » l'accord de portée générale signé en 2001 entre les deux régions. Le calendrier est idéal, au moment où la nouvelle politique européenne inter-régionale « est en phase d'activation ».
DOMINIQUE CHARTON
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