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En reprenant une antienne des syndicats de salariés puis de l'extrême gauche pendant la campagne des municipales, la sénatrice communiste Marie-France Beaufils (Indre-et-Loire) a alimenté récemment l'inquiétude concernant l'avenir de l'hôpital pour enfants Gatien-de-Clocheville à Tours. La crainte porte sur un démantèlement supposé de cet établissement spécialisé du CHRU. Des services ont déjà été transférés, tels que la stérilisation et les laboratoires. Et celui de la réanimation pour les nouveaux-nés le sera bientôt au plus près de la maternité publique, à l'hôpital Bretonneau.
Pétition de soutien
« Qu'est-ce qui justifiera alors le maintien d'un service de réanimation pour les plus grands ? » , s'interroge Maire-France Beaufils, sénatrice-maire de Saint-Pierre-des-Corps et vice-présidente de la communauté d'agglomération de Tours. Au nom de la modernisation, le gouvernement démantèle un hôpital public qui a fait ses preuves. »
Une pétition de soutien initiée par plusieurs syndicats a déjà été signée par des milliers d'usagers. Le spectre d'une fermeture inquiète d'autant plus que Clocheville accueille 26.000 urgences par an ; le bloc opératoire est rénové et une Maison des parents flambant neuve, financée par l'opération Pièces jaunes, accroît les capacités d'accueil des proches d'enfants hospitalisés.
Citant un rapport du professeur Danièle Sommelet, Marie-France Beaufils a interpellé le gouvernement lors d'une séance publique au Sénat, en estimant qu'avant l'examen du projet de réforme hospitalière l'été prochain, « la plus-value de la pédiatrie hospitalière devait être garantie, notamment pour des spécialités pointues » . Ce que le ministère de la Santé n'a pas démenti. « Il n'est pas question de fermer Clocheville », insiste pour sa part le socialiste Jean Germain, maire de Tours, président de la communauté d'agglomération et du conseil d'administration du CHRU. « Si nous disposons des fonds nécessaires, nous déménagerons effectivement la néonatalité, mais le problème n'est pas dans le transfert de tel ou tel service. Le sujet plus global, c'est le déficit chronique de tout l'hôpital public (environ 10 millions d'euros à Tours). Petit à petit, le gouvernement se retire et organise la convergence des tarifs entre privé et public, ce qui obère l'avenir de nos hôpitaux. »
STÉPHANE FRACHET
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