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Une bataille inattendue vient de démarrer dans le secteur pharmaceutique en République tchèque. PPF, un groupe financier néerlandais, veut prendre le contrôle de Zentiva, l'un des premiers laboratoires d'Europe orientale. Zentiva est aujourd'hui contrôlé par le français Sanofi-Aventis, premier actionnaire depuis l'acquisition de 24,9 % du capital il y a deux ans. La société tricolore est associée au management, également présent au capital, par le biais d'un pacte, et nomme deux de ses représentants au conseil d'administration.
PPF est déjà le deuxième actionnaire de Zentiva (voir graphique), avec 19,1 % du capital, au travers de sa coentreprise avec l'assureur italien Generali. Le groupe financier néerlandais vient d'annoncer qu'il voulait lancer une offre publique d'achat (OPA) sur le solde du capital. Il est déjà très présent en Europe de l'Est, mais c'est la première fois qu'il s'intéresse à un secteur autre que la banque ou l'assurance.
PPF propose 950 couronnes tchèques par action, ce qui valorise Zentiva 1,4 milliard d'euros. Son but : « Influencer activement la stratégie et la marche quotidienne des affaires » du laboratoire tchèque, qui est présent dans presque tous les pays de l'ancien bloc soviétique (lire ci-contre). Il agit seul pour cette offre mais « de concert » avec Generali. « Nous ne sommes pas opposés au management de Zentiva », tient à préciser un porte-parole du groupe néerlandais, ajoutant qu'il juge la stratégie actuelle « positive » . PPF doit encore recevoir l'aval des autorités tchèques avant de lancer formellement son OPA.
La croissance ralentit
Le management de Zentiva ne l'entend pas de cette oreille. Dans un communiqué, le laboratoire praguois « recommande fortement » à ses actionnaires de ne pas apporter leurs titres à cette offre « non sollicitée » . Zentiva s'est adjoint les services de la banque Merrill Lynch pour le conseiller dans cette bataille. Le laboratoire ne fait pas d'autre commentaire, tout comme Sanofi-Aventis.
L'offre de PPF a de fortes chances de ne pas aboutir pour le moment. Le néerlandais ne propose en effet que 3 % de plus que le dernier cours de Bourse de Zentiva. Hier, l'action a d'ailleurs dépassé les 950 couronnes, clôturant en forte hausse de 8,41 %, à 1.006 couronnes. C'est le signe que certains investisseurs attendent une surenchère. Les analystes de Citigroup ont relevé leur recommandation sur le titre de « conserver » à « acheter ».
L'offre de PPF met en lumière la faible valorisation de l'action Zentiva, qui a perdu le quart de sa valeur depuis que Sanofi-Aventis est entré au capital en mars 2006. Le laboratoire tchèque souffre sur son marché national, où le gouvernement tente de contenir les dépenses de santé remboursées par l'Etat. En Turquie, la croissance n'est pas aussi élevée qu'attendu. Résultat, les bénéfices sont en forte baisse et la croissance ralentit : le chiffre d'affaires ne devrait progresser que de 5 % cette année à périmètre constant.
L'un des leaders de la pharmacie en Europe orientale
Zentiva est né en2003 de la fusion du tchèque Leciva et du slovaque Slovakofarma. Le laboratoire praguois est l'un des tout premiers d'Europe de l'Est, aux côtés des hongrois Gedeon Richter et Egis (contrôlé par le français Servier) et du slovène Krka. Il commercialise essentiellement des médicaments génériques. Son chiffre d'affaires s'est élevé à 662 millions d'euros en 2007, avec plus de 6.000 personnes. Zentiva est présent dans presque tous les pays d'Europe orientale.Les dépenses pharmaceutiques y progressent deux fois plus vite qu'en Europe de l'Ouest. Les médicaments génériques représentent la majorité du marché. La République tchèque représente 28 % des revenus de Zentiva, devant la Slovaquie et la Pologne (13 % chacune), la Roumanie (12 %) et la Russie (9 %). Zentiva a acquis l'an dernier le laboratoire turc Eczacibasi, pour 460 millions d'euros. La Turquie est désormais le deuxième marché du groupe (18 % du chiffre d'affaires en 2007).
VINCENT COLLEN
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