|
La France est le premier pays d'Europe pour la biologie médicale privée. Le marché hexagonal a atteint 4,2 milliards d'euros l'an dernier, loin devant l'Allemagne et tous les autres pays de l'Union (voir graphique ci-dessus). Il représente à lui seul la moitié du marché européen !
Parce que ce secteur est largement aux mains d'établissements publics dans les autres pays et aussi parce que « la France affiche des tarifs d'actes d'analyses parmi les plus élevés en Europe », souligne Emmanuel Sève, expert du cabinet Precepta.
Pléthore d'investisseurs
Cette manne devrait attirer pléthore d'investisseurs, industriels ou financiers, qui pourront acheter des laboratoires d'analyses et constituer des réseaux une fois la législation modifiée. Ils pourront aussi assurer certaines analyses complexes en sous-traitance pour les petits laboratoires. Sur un marché très atomisé - on compte plus de 4.000 laboratoires en France -, ils pourront jouer sur les économies d'échelle pour faire baisser leurs tarifs et prendre des parts de marché aux petits laboratoires... tout en s'assurant de confortables bénéfices.
« Le système allemand, largement dérégulé, est organisé autour de grosses structures appartenant à des groupes. Moins de 200 laboratoires y pratiquent les tarifs les plus faibles en Europe », poursuit Emmanuel Sève. L'internationalisation du secteur semble donc inéluctable, car il est désormais possible de faire analyser des prélèvements à l'étranger.
Plusieurs acteurs sont dans les starting-blocks. Capio Diagnostics, propriété du fonds d'investissement Apax Partners, est déjà présent en Scandinavie et au Royaume-Uni. L'australien Sonic Healthcare, coté en Bourse, vient d'acquérir l'allemand Schottdorf. En France, le réseau Labco a déjà fédéré 116 laboratoires, par le biais d'une structure juridique complexe mise en place pour contourner les contraintes actuelles de la législation.
V. C.
Tous droits réservés (2008) LES ECHOS
|