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Les applications à la santé des nanotechnologies nécessitent la rencontre de différentes disciplines et la mise en commun des compétences multiples. La coopération qui associe à Grenoble, le Leti, le centre hospitalier universitaire (CHU) et des industriels dans le développement de nouvelles approches thérapeutiques en fournit une bonne illustration.
« Nous collaborons avec le Leti pour trouver de nouvelles solutions technologiques » , explique François Berger, responsable des activités cliniques de neuro-oncologie au sein l'unité Inserm 318 « neuroscience préclinique ». Très impliqué dans la lutte contre les maladies neurodégénératives, ce laboratoire développe de nouveaux traitements pour soigner la maladie de Parkinson par l'intermédiaire de la neurostimulation. Cette méthode, qui consiste à appliquer des stimulations électriques à l'aide d'électrodes implantées dans le cerveau, doit beaucoup aux travaux du Leti. « Grâce aux avancées en micro et nanotechnologies, le procédé devient désormais plus intelligent et moins invasif, ce qui nous permet d'accéder à des zones du cerveau autrefois interdites », précise François Berger. Les résultats sont là. « Les essais précliniques menés avec cette nouvelle génération de stimulateurs montrent une disparition des principaux symptômes de la maladie de Parkinson », ajoute-t-il, en précisant que « de grandes avancées sont à attendre des dispositifs situés à l'interface homme-machine »
De son côté, le Leti ne cache pas le caractère essentiel de cette collaboration entre médecine et technologie, qu'il cherche aussi à privilégier. « Il faut nécessairement impliquer le clinicien, car c'est lui qui connaît les besoins médicaux », estime Patrick Boisseau, coordinateur du programme Nano2 Life.
Breveter avant de publier
Et de citer un autre exemple, celui de la « protéomique ». Grâce aux progrès réalisés dans le domaine des matériaux nanostructurés, en microfluidique et en fonctionnalisation de surface, on fabrique des puces à protéines d'une grande sensibilité, qui devraient faciliter l'identification de cibles thérapeutiques ou de marqueurs biologiques dans le domaine du cancer. Le seuil de détection de la biopuce est tel que l'on peut désormais travailler à partir d'une simple empreinte de tissu biologique, recueilli à l'aide d'une aiguille qui, telle une éponge, capte les protéines. « Nous sommes maintenant en mesure de cartographier avec précision les zones du cerveau touchées par la maladie. Cela nous permet d'affiner ainsi le diagnostic, d'évaluer la réponse au traitement et de préciser le pronostic », explique François Berger.
A ce stade, pourtant, la présence de ces nouveaux outils thérapeutiques au lit du malade est loin d'être gagnée. « Pour cela, il faut impliquer les industriels », assure François Berger. Eux seuls, en effet, possèdent les moyens de réaliser les essais cliniques indispensables à la validation chez l'homme. C'est le cas de la société américaine Medtronic, qui s'est engagée à produire les premiers neurostimulateurs développés au CHU de Grenoble. Et cette coopération avec les industriels influence aussi la pratique des chercheurs de l'unité Inserm 318, qui n'hésitent plus à breveter avant de publier. En effet, « rien ne sert de contacter un industriel si on ne possède pas la propriété intellectuelle du dispositif, car il n'investira pas », conclut François Berger.
CÉDRIC DUVAL
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